L’option du panier-repas à l'école

Comment résoudre le problème des cantines scolaires ?

Menu unique ou menus confessionnels ? Quelle position un établissement scolaire doit-il adopter en ce qui concerne les demandes de repas différenciés ?

  • Faut-il s’adapter aux exigences alimentaires de nature religieuse ? Dans ce cas-là, est-ce que l’on n’opèrerait pas une discrimination entre les enfants ? Est-ce céder aux pressions religieuses et violer la neutralité de l’organisation du service public de la restauration scolaire ?
  • Ou bien faut-il que les élèves s’adaptent au système de la cantine ? Est-ce que ce serait ne pas respecter l’autre et méconnaître la liberté religieuse ?

La gestion des menus spécifiques conformes aux pratiques confessionnelles peut rapidement virer au casse-tête…

Ce que dit la loi sur la question des repas différenciés dans l’enseignement public

Le principe de laïcité en matière de restauration collective du service public

C’est la circulaire du 16 août 2011 du ministère de l’Intérieure qui aborde la question du principe de laïcité en matière de restauration collective du service public. La cantine scolaire est un service public facultatif géré par les collectivités territoriales. Les services publics sont soumis au principe de neutralité.

« Prévoir des menus distincts convenant aux pratiques confessionnelles des élèves ne constitue ni un droit pour les usagers, ni une obligation pour les collectivités territoriales ».

➨ En savoir plus sur l’école et son nouveau guide de laïcité.

Une grande liberté dans l’établissement des menus

Les collectivités territoriales ne sont donc pas obligées de prévoir des menus distincts qui conviendraient aux pratiques confessionnelles des élèves. Néanmoins, rien ne s’oppose à ce que le service public mette en place des repas différenciés.

Les collectivités locales disposent finalement d’une grande liberté dans l’établissement des menus. Grande liberté oui, mais à condition que soient respectés l’ordre public, la santé publique, le bon fonctionnement du service, et les droits et libertés d’autrui.

Dans les faits la plupart des cantines proposent des plats de substitution.

Pas de recette miracle mais une piste avec l’option du panier-repas

L’ensemble de l’équipe pédagogique déjeune chaque midi avec les enfants.Dans les écoles Espérance banlieues, la pause du déjeuner est considérée comme faisant partie intégrante du modèle pédagogique de l’école. L’ensemble de l’équipe pédagogique déjeune chaque midi avec les enfants. Elle offre la possibilité pour chacun de découvrir une forme d’altérité que la plupart ne connaît pas.

Laissons Pierre François Chanu nous parler de cette anecdote vécue au sein de l’école Espérance banlieues du cours La Boussole. Au
mois d’octobre des élèves s’exprime bruyamment car le directeur est en train de manger de la saucisse de porc : « c’est dégoutant ». Le directeur leur explique qu’il comprend très bien qu’ils ne souhaitent pas en manger du fait de prescription religieuse, qu’il respecte mais que lui se régale.

Peu avant les vacances de Noël des élèves arrivés après les vacances de la Toussaint se retrouvent dans la même situation et réagissent de la même manière. Et là ce sont les premiers élèves qui répondent à ces derniers. L’éducation par les pairs…

En ce qui concerne les pratiques confessionnelles des élèves, une solution simple s’est imposée : chaque élève vient avec son panier-repas pour le déjeuner. Ainsi, chacun mange comme ses parents le souhaitent. L’établissement scolaire n’a plus à gérer le casse-tête des menus à la cantine.

C’est rondement ficelé sur le papier mais concrètement, comment est-ce que ça marche ? En premier lieu, il y a une réelle confiance entre parents et corps professoral. Ensuite, l’école respecte chaque famille et chaque élève. Mais il y a bien une position ferme sur la neutralité. Fermeté nécessaire pour préserver l’unité de la communauté scolaire.

L’option du panier-repas interdite dans les établissements publics

Si le panier-repas est une solution simple pour les écoles d’Espérance banlieues, il est implicitement interdit dans les établissements publics. En France, seuls les parents d’enfants ayant une allergie ou une intolérance alimentaire peuvent fournir un panier-repas. Il est possible de mettre en place un projet d’accueil individualisé. Dans le cadre bien particulier de ce protocole élaboré par le médecin traitant et le médecin scolaire, la fourniture de panier-repas est appréciée au cas par cas.

Les croyances religieuses des élèves et de leurs familles ne peuvent pas, en elles mêmes, être invoquées pour justifier la fourniture d’un panier-repas. L’option du panier-repas reste donc implicitement interdite. Par crainte du nonrespect de la chaîne de froid qui pourrait potentiellement entraîner une contamination. Mais aussi par crainte d’une gestion trop complexe pour le personnel de cantine.

Cette piste n’est toutefois pas impossible, puisque c’est déjà une habitude pour les écoles d’autres pays tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada ou encore les Etats-Unis. L’école française aurait-t-elle intérêt à s’inspirer des pratiques scolaires étrangères ?

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