Lutter contre le décrochage scolaire grâce aux nouvelles mesures

Plus de 100.000 élèves sortent chaque année de notre système scolaire sans diplôme. C’est 12% d’une classe d’âge qui est affectée par le décrochage scolaire. Malgré les nombreuses actions entreprises depuis 20 ans par les pouvoirs publics, ce chiffre ne baisse que très légèrement.

Les causes du décrochage scolaire

Sans surprise, les décrocheurs proviennent en majorité des milieux défavorisés et des quartiers de banlieues. En réponse à cette situation, le ministère de l’Éducation nationale a mis en œuvre la politique des Réseaux d’Éducation Prioritaire, ou REP.

Dans certains collèges REP, c’est près de 25% des élèves qui décrochent. Selon une étude de l’ENS de Lyon, ces difficultés trouvent leurs racines dans quatre domaines:

  • l’élève : selon l’étude de l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) pour 57% des décrocheurs, la raison principale de leur situation est le manque de suivi et de soutien. C’est la démobilisation scolaire. A noter que l’absentéisme est le premier signe du décrochage. C’est à la fois une cause et une conséquence du décrochage ;
  • la classe : ce sont principalement les pratiques pédagogiques qui sont inadaptées à des populations exposées ; c’est aussi le rôle de l’enseignant qui est déterminant ;
  • l’école : certaines écoles ou collèges ont un climat scolaire qui favorise le décrochage. Le harcèlement et les violences sont les facteurs déclenchants le plus identifiés ;
  • les parents et la famille : dans 35% des cas l’élève décrocheur est issu d’une famille monoparentale et dans laquelle la pratique du français n’est pas régulière.

Les dispositifs de l’Etat pour lutter contre le décrochage scolaire

Selon l’ONISEP, trois axes sont mentionnés pour prévenir le décrochage scolaire.

  • le PDMF : Plan de découverte des métiers et des formations afin de donner du sens à la scolarité
  • le PPRE : Plan personnalisé de réussite éducative associant parents,  élèves et équipes éducatives
  • les classes de découverte professionnelle, les 3ème d’insertion, les écoles de la deuxième chance, les SEGPA avec un enseignement adapté à ces élèves.

Les différents gouvernements ont, depuis 20 ans, mis en place des moyens supplémentaires ayant pour but de réduire ce phénomène. Parmi ces solutions, on peut noter la création des REP (réseau d’éducation prioritaire) avec des moyens renforcés : des classes de 22 élèves, 2 CPE par établissement, et des primes spéciales pour les enseignants. L’ensemble de ces dispositifs a réduit le nombre de décrocheurs

Le modèle d’Espérance banlieues

Partant de ces constatations, Espérance banlieues a créé des écoles innovantes au cœur des quartiers dans le but d’apporter une réponse globale, adaptée et spécifique à la prévention du décrochage. Sa pédagogie différenciée prend en compte :

  • une souplesse dans la gestion du temps et des programmes ;
  • un enseignement ambitieux centré sur le Français, les mathématiques et l’histoire afin de favoriser l’enracinement ;
  • des classes à effectif limité permettant le suivi individuel des élèves ;
  • une pédagogie basée sur la bienveillance et la confiance ;
  • un travail en coopération étroite avec les parents.

La mesure des résultats qui se met progressivement en place s’effectue par des tests en français et en maths, des enquêtes de satisfaction auprès des parents, et des indicateurs de base tels que l’absentéisme, les notes, les résultats au brevet. Les premiers résultats sont d’ores et déjà très encourageants.

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