Classes à petits effectifs et inégalités scolaires

Emmanuel Macron avait fait une promesse lors de sa campagne pour les présidentielles. Il s’agissait de réduire à 12 les effectifs d’élèves de CP et CE1 en éducation prioritaire. Cette mesure s’adresse explicitement aux enfants les plus défavorisés. Elle s’inscrit également dans le développement de la lutte contre les inégalités à l’école. Le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a mis en place cette promesse électorale à la rentrée 2018. Quels sont les effets de cette mesure et que connaît-on d’expériences identiques ?

Deux études qui valident l’efficacité des petits effectifs

classe d'école avec de très nombreux siègesUne étude commandée par le ministère de l’éducation nationale et dirigée par Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire a mis en évidence pour l’école primaire et le collège un impact positif important des tailles de classes réduites sur la réussite scolaire. Pour le primaire : « une réduction d’un élève de la taille de classe d’un CE1 conduit à une augmentation d’environ 0,3 – 0,4 points du score moyen obtenu aux épreuves d’évaluation de mathématiques de début de CE2, et d’au moins 0,7 points lorsque l’on se concentre sur des sous-échantillons d’élèves socialement défavorisés ».

C’est donc bien dans les quartiers défavorisés qu’il convient de concentrer la mise en œuvre des classes réduites. L’étude indique que l’impact de la taille des classes reste nettement moins important pour les enfants socialement favorisés. Pour le collège le résultat est plus faible qu’en primaire mais toujours sensible. Le rapport conclut que les politiques réalistes de réduction des inégalités scolaires doivent se concentrer sur les plus jeunes élèves défavorisés.

Une autre étude de Marc Gurgand, Adrien Bouguen et Julien Grenet souligne d’autres aspects. Les résultats seront identiques même si les enseignants ne sont pas spécifiquement accompagnés au plan pédagogique. Les enseignants peuvent ainsi ne pas modifier leurs pratiques dans des classes plus petites ; les élèves font preuve de plus d’engagement et de moins de problèmes de discipline.

Les écoles Espérance banlieues

Dans les écoles Espérance banlieues ouvertes depuis 2012, que ce soient des écoles primaires ou des collèges, les effectifs réduits à 15 au maximum ont été mis en place depuis l’origine. Dans ce contexte de classes réduites, l’enseignant peut porter une oreille attentive à la progression de chaque enfant. Il est par ailleurs formé à accompagner des classes moins nombreuses. Il est encore trop tôt pour mesurer l’effet à long terme de ce dispositif, qui, associé à d’autres, fait des écoles Espérance banlieues des écoles de terrain innovantes. Toutefois le calme qui règne en classe ainsi que l’engagement des élèves ne sont pas à mettre en doute.

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