Une école Espérance banlieues, un havre de paix en construction – témoignage

Témoignage d’Hewige Hallopeau, professeur du cours Antoine de Saint-Exupéry, une école Espérance banlieues.

De nombreuses années, j’ai enseigné dans un collège en zone prioritaire d’éducation.  Le climat de violence qui y régnait était extrêmement difficile à supporter. La cour de récréation, les couloirs, la cantine, malheureusement parfois aussi les salles de cours, les alentours du collège… étaient des zones dans lesquelles régnait  un climat de violence perpétuel. L’agressivité, les bagarres physiques entre élèves, les crachats sur les professeurs, les pneus crevés, les abribus explosés… étaient le lot quotidien de chacun au collège. Dans ce climat, travailler la peur au ventre devenait insupportable et ma passion d’enseigner était soumise à rude épreuve. Je craignais de me résigner ou de voir s’éteindre la petite flamme de ma vocation.

La violence des jeunes ? Un problème d’adultes !

professeur en train d'aider les éléves dans une école Espérance banlieuesJ’ai alors choisi un autre cadre pour poursuivre mon métier et j’ai rejoint une école Espérance Banlieues. Ce qui m’a sauté aux yeux en arrivant, c’est le climat de paix, de bienveillance et de joie qui y règne. Il contraste très fortement avec le monde de la rue, si proche. L’école Espérance Banlieues où je travaille est un petit havre de paix en construction, au cœur d’un univers violent. Pour la plupart de nos élèves, nos écoles proposent un univers rassurant et différent.

Le cadre y est clair et rassurant pour tous : enfants, professeurs, parents, bénévoles. Les élèves peuvent s’y épanouir dans la joie : les sourires de chacun, enfants comme enseignants, dès la poignée de main du matin, sont les témoignages puissants de ce plaisir partagé. Dans les écoles Espérance banlieues, chaque élève a conscience que chaque adulte veut son bien. Les exigences ne sont pas vécues comme des violences puisqu’elles sont exprimées avec bienveillance.

Espérance banlieues : « Sans affection, pas de confiance – sans confiance, pas d’éducation »

Les éducateurs tissent des liens de confiance et d’écoute en jouant dans la cour avec les enfants,  en déjeunant avec eux. La façon dont chacun d’eux parle aux élèves est révélatrice : le ton utilisé est extrêmement important car, au lieu de véhiculer du stress et de la violence, il rassure, apaise et encourage. Le témoignage de ce climat de confiance qui me touche le plus est l’empressement avec lequel les grands de notre école viennent de leur plein gré, pendant les vacances scolaires, m’aider à peindre ou à installer leur classe, ou encore à confectionner des boîtes de rangements de téléphones pour les élèves… Quelle réussite, me semble-t-il que des adolescents rendent service volontairement à leur professeur et à leur école !

Apprendre aux jeunes à s’exprimer pour mieux communiquer leurs sentiments et émotions est un enjeu primordial des écoles Espérance banlieues. Les élèves apprennent à « faire des tours de merci ou de pardon » en remerciant chacun un élève de leur choix pour quelque chose de précis qui les a touchés ou en demandant pardon. Ils se mettent ainsi à la place de l’autre et apprennent à communiquer.  Nous tâchons de donner aux adultes de demain les armes pour faire régner la paix dans les familles et les quartiers.

Pour aller plus loin : découvrez les écoles Espérance banlieues et leurs règles de vie.

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