Un enseignant devant la classe - éducation prioritaire

Les enseignants en éducation prioritaire moins heureux que la moyenne nationale, comment réduire l’écart ?

Avant toute chose, que signifie enseigner en « éducation prioritaire » ?

L’éducation prioritaire s’appuie sur des réseaux d’éducation prioritaire (les REP et les REP+). Un collège ainsi qu’un ensemble d’écoles maternelles et élémentaires rattaché à l’établissement scolaire constitue chaque réseau. En effet, ces réseaux rencontrent des difficultés sociales plus marquées que dans les établissements situés hors éducation prioritaire.

En 1981, l’éducation prioritaire a été créée pour « donner plus à ceux qui ont moins ». Les élèves et les équipes éducatives en REP et en REP+ bénéficient de plus de moyens qui doivent permettre de réduire les inégalités et d’améliorer les résultats scolaires.

En savoir plus avec le site de référence en matière d’éducation prioritaire

1097 réseaux composent la carte de l’éducation prioritaire à la rentrée 2017. En effet, on compte 732 collèges en REP et 365 collèges en REP+. L’« indice social » représente la carte des établissements en éducation prioritaire. Quatre critères constituent cet indice :

  • le pourcentage d’élèves issus des catégories sociales les plus défavorisées ;
  • le taux de boursiers ;
  • le pourcentage d’élèves issus de zones urbaines sensibles ;
  • le pourcentage d’élèves en retard à la rentrée de 6ème.

L’Ifop et son enquête sur le ressenti des enseignants de l’Éducation nationale

L’enquête auprès des enseignants sur leurs perceptions de leur métier est sortie fin mai 2018. En commandant ce sondage à l’Ifop (Institut français d’opinion publique), le Syndicat des Enseignants de l’Unsa (Union nationale de syndicats autonomes) avait un objectif précis. Celui d’étudier l’état d’esprit des enseignants à l’issue de la première année scolaire de la nouvelle majorité gouvernementale.

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 601 enseignants, échantillon représentatif de la population du public, de la maternelle au lycée. Les données présentées distinguent les établissements au statut REP aux établissements non-REP. En fait, c’est un bon outil pour étudier l’état d’esprit des enseignants des REP par rapport à la moyenne nationale.

Le constat : des enseignants en REP moins heureux que la moyenne nationale

Les enseignants se disent très majoritairement (82%) heureux d’exercer leur métier. Les enseignants en éducation prioritaire se distinguent par un ressenti moins heureux. Seulement 67% d’entre eux se déclarent heureux dans leur métier. Un écart de 15 points par rapport à la moyenne nationale.

La part des enseignants en REP qui ne sont pas du tout heureux d’exercer ce métier monte à 17%. En effet, une absence de sentiment de bonheur au travail beaucoup plus marquée chez les enseignants en REP que ceux en zone non-REP.

Des moyens concrets pour réduire cet écart

Des tailles de classes réduites pour un climat scolaire apaisé

Les élèves dans la salle de classeL’enquête met en évidence les facteurs de sérénité recherchés par les enseignants. Ainsi, pour être plus sereins dans leur métier, il faudrait prioritairement :

  • que les enseignants exercent dans un climat scolaire apaisé ;
  • qu’ils bénéficient du soutien de la hiérarchie ;
  • que les politiques éducatives s’inscrivent dans la durée.

Les enseignants (75%) désirent un climat scolaire apaisé. Les enseignants des REP sont plus particulièrement sensibles à ce critère (81%). Pour parvenir à un climat apaisé mais aussi pour permettre aux élèves d’être efficace, les enseignants voudraient en priorité avoir moins d’élèves. Il a effectivement été établi que les tailles de classes réduites ont un impact positif important sur l’ambiance de classe et sur la réussite scolaire.

Des enseignants motivés qui s’engagent pour la qualité de l’éducation dans les banlieues

Ce constat d’enseignants en REP moins heureux que la moyenne nationale remet sur le devant de la scène les enjeux de ces zones prioritaires. On peut trop facilement en conclure que personne ne veut enseigner dans les quartiers qualifié de quartiers difficiles. En fait, on trouve effectivement des personnes prêtes à s’engager en éducation prioritaire.

Les écoles Espérance banlieues sont implantées dans ces zones. Tous les professeurs y sont volontaires. L’une des conditions pour le recrutement d’un professeur : qu’il soit expressément motivé par l’enseignement en banlieues. En conséquence, la motivation est un élément fondamental pour le recrutement du corps professoral ! Cela constitue une énorme différence avec n’importe quel établissement.

Dans le modèle Espérance banlieues, c’est le directeur d’école qui choisit le corps professoral. Il les recrute sur 4 critères :

  • en premier lieu, être un éducateur ;
  • ensuite, disposer d’une disciple à enseigner grâce à une formation et un diplôme le sanctionnant ;
  • avoir appréhendé la diversité culturelle ;
  • enfin, savoir fonctionner en équipe au bénéfice de la cellule scolaire dans laquelle il intervient.

Une dynamique de mobilisation qui se fait en parallèle des nouvelles orientations données par Monsieur le ministre de l’Éducation nationale. Elle rend peut-être l’envie à une nouvelle génération de se mobiliser pour la transmission.

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