Des élèves qui portent l'uniforme à l'école

Le port de l’uniforme à l’école, contrainte ou opportunité ?

Le grand débat est relancé

Le vote des parents d’élèves de 6 établissements de Provins à 62 % en faveur du port de l’uniforme relance le débat sur l’uniforme scolaire. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, souhaite permettre aux écoles qui le voudront de mettre en place le port de l’uniforme pour les élèves.

En France, seuls quelques écoles, collèges et lycées imposent un uniforme ou une tenue réglementaire : l’école de la Légion d’honneur, l’internat d’excellence de Sourdun, les écoles Espérance banlieues. Dans certains départements d’Outre-mer, la pratique est également courante. Jean-Michel Blanquer a affirmé qu’il fallait « permettre aux établissements qui le veulent de le développer », sans toutefois imposer sa généralisation.

Quel est l’objectif de l’uniforme au sein des établissements scolaires ?

L’uniforme a constitué de tout temps un signe de reconnaissance positif, porté avec fierté. Sans parler de celui des militaires, on peut aussi évoquer la blouse blanche des médecins, les maillots des sportifs portés également par leurs supporters ; des vêtements de travail de beaucoup d’artisans qu’ils présentent avec fierté, même lorsqu’ils servent leurs clients : boulanger, boucher.

Largement inspirée des écoles anglo-saxonnes, cette pratique dans les établissements scolaires a d’abord pour objectif de créer un fort sentiment d’appartenance à l’établissement. Les élèves sont fiers de porter leur uniforme et l’uniforme contribue à la fierté d’appartenir à l’établissement. Ce sentiment d’appartenance a un effet bénéfique prouvé sur le comportement des élèves. Il associe le travail scolaire à des images et sentiments positifs, et non à l’image d’une institution extérieure, vaguement hostile.

Le port de l’uniforme permet également une bonne intégration des nouveaux élèves au sein de l’établissement. Il crée des rites, des signes de ralliement. Une sorte d’ordre qui rassure et permet de réduire le niveau d’angoisse, souvent élevé chez les adolescents.

Enfin l’uniforme efface les inégalités sociales et met les élèves sur un pied d’égalité. Il lutte ainsi contre les formes d’exclusion et de ségrégation, nouvelles formes de déterminismes sociaux qui existent aujourd’hui dans les quartiers difficiles.

L’uniforme doit aller de pair avec un projet pédagogique, des valeurs et une adhésion

Des élèves dans la salle de classeDans une interview accordée au journal La Croix, Eric Mestrallet, président fondateur d’Espérance banlieues, explique en quoi le port de l’uniforme peut-être une solution à l’école. Selon lui, cette démarche n’a d’intérêt que si elle va de pair avec un projet pédagogique très construit, des valeurs, et une adhésion.

Dans les écoles Espérance banlieues, l’uniforme repose notamment sur trois piliers :

  • Premièrement, un pilier académique. C’est tout ce qui concerne la transmission des savoirs.
  • Puis un pilier civique. Le corps professoral travaillant énormément la question du comportement en société et de la fraternité.
  • Et enfin, le pilier « intégratif ». L’enfant doit se sentir partie prenante de la société française, il doit en connaître les fondements, les codes. Le tout en accord avec sa famille.

Des parents très majoritairement favorables

Les Français sont majoritairement favorables à l’uniforme à l’école. Selon un sondage de l’IFOP d’aôut 2017, 6 parents sur 10 y sont favorables, indépendamment de leur proximité politique.

Son coût financier est toujours partagé entre les parents et les établissements. Ce coût est en moyenne de 150 euros pour un trousseau d’une douzaine de pièces. C’est bien inférieur aux dépenses des familles en matière vestimentaire chaque année pour un enfant.

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