éducation d'une classe d'enfants

Nature humaine et héritage personnel au cœur de l’éducation de l’enfant

Tirer parti des prédispositions naturelles de l’enfant dans son éducation

L’enfant hérite de ses parents sa nature humaine, qu’il possède pleinement, depuis l’origine de sa vie. Dans le monde animal dont il fait partie, cette nature humaine se caractérise par son orientation spirituelle. Cela se voit déjà chez le tout petit d’homme.

  • L’enfant est attiré par la beauté, par ce qui brille.
  • Il est attiré par la justice : il se scandalise quand il estime qu’elle n’est pas respectée dans sa fratrie ou dans sa classe.
  • Il est attiré par la vérité : il s’émerveille quand il obtient une réponse à ses questions, quand il découvre une loi scientifique, quand il comprend son erreur et trouve le moyen d’y remédier.

Beauté, justice et vérité sont bien les finalités de ses désirs. Et lorsque ceux-ci sont satisfaits, il en éprouve un plaisir particulier qui échappe totalement à une bête, la joie.

L’éducation consiste à donner et à entretenir chez l’enfant le goût de ce qui est bon pour lui, notamment dans ces orientations spirituelles auxquelles le prédispose sa nature humaine. Si elle est chargée de sens, c’est-à-dire qu’elle est ainsi « inspirée » parce qu’elle va dans le sens de ces orientations, l’éducation est une œuvre joyeuse. L’absence de joie est le symptôme d’un déficit de sens. Quand elle ne l’est pas, c’est qu’elle est faussée dans ses finalités. Cette vision de l’éducation est partagée par les écoles Espérance Banlieues qui s’efforcent de la mettre en application au quotidien. Pour en savoir plus : visitez la page Facebook d’Espérance Banlieues.

Trois dimensions comme gage de stabilité pour l’enfant

L’éveil de ces désirs se fait selon trois dimensions imbriquées et inséparables.

La dimension affective

Il est essentiel de veiller à ce que l’enfant éprouve du bonheur à progresser. D’où l’importance de susciter son adhésion pour acquérir des habitudes qui donnent un pli durable, voire définitif, à sa personnalité. Par exemple : rester propre, dire vrai, respecter le bien d’autrui, etc. Et l’importance de lui proposer des modèles qui donnent envie d’être imités. Le confort affectif de l’enfant conditionne tous ses progrès éducatifs.

deux enfants pour qui la dimension relationnelle est importanteLa dimension rationnelle

Dès qu’il est dans un environnement affectif bon pour lui, il se met à communiquer, et il apprend à parler. La parole est le véhicule de son intelligence. Elle lui permet en effet de distinguer les êtres, le bien et le mal, d’établir des relations entre les réalités nommées, de trouver les moyens d’atteindre ses objectifs, de communiquer avec autrui, etc. La parole s’exprime dans un ou plusieurs langages (qu’il soit vernaculaire, gestuel, scientifique, ou autre). Apprendre et affiner ces possibilités langagières est une mission essentielle de l’école. L’auto affirmation de soi-même, si elle ne se fait pas par la parole, s’exprimera irrationnellement par la violence. La liberté est conditionnée par la capacité de s’exprimer et donne les moyens de justifier ses choix. Pour aller plus loin : lisez notre article abordant l’importance du langage comme réponse à la violence.

La dimension relationnelle

Personne ne peut vivre seul, et toute société, quelle que soit sa taille (famille, pays…) est modelée par son histoire, ses traditions et les orientations qu’elle se donne. On ne peut donc grandir seul : l’enfant inséré dans une vie communautaire découvre le respect de lui-même et d’autrui. S’il ressent son environnement comme hostile, il risque d’adopter un comportement, non pas sauvage (c’est-à-dire animal, réglé par l’instinct), mais où l’homme perd tout contrôle et devient « un loup pour l’homme » : c’est la guerre. On constate donc que, dans l’action personnelle, s’assemblent l’affectivité et la raison dans le respect inconditionnel d’autrui. Il s’agit alors d’action volontaire.

La condition humaine s’enracine dans la condition animale et nécessite la satisfaction des besoins vitaux. Mais ces besoins ne peuvent pas être séparés de la dimension spirituelle propre à la nature humaine. Par exemple, on mange, mais on le fait proprement, par respect pour soi-même et pour autrui. Ces règles sont verbalisées parce qu’elles sont porteuses de sens.

Des nains juchés sur des épaules de géants !

L’enfant, comme tout homme, est un héritier :

  • de la biologie de ses ancêtres ;
  • de la culture d’un pays (langue maternelle…) ou de plusieurs pays, selon les déplacements qu’il a connus ;
  • du mode de spiritualité transmis par la famille : il est déjà mis en lien avec des réalités invisibles de la manière que les parents ont choisie ou héritée. L’école ne peut que le prendre en compte en le respectant.

Il y a donc un continuum entre l’animalité et l’humanité : les tâches les plus ordinaires de la vie courante (soin du corps, apprentissages, rituels) sont tous imprégnés de spiritualité.

On peut en conclure que l’enfant est un trésor unique, précieux et fragile dont la valeur est inestimable parce qu’elle est rapportée à sa dimension spirituelle de personne humaine. L’éducation qui est due à l’enfant est référée à l’étalon de cette valeur. C’est en référence à cette valeur partagée entre tous, adultes et enfants, qu’en vérité on peut se dire « frères ».  Et d’ailleurs, c’est bien le terme central de la devise de la France…

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