Enfant prêt à faire preuve de violence

La violence chez l’enfant : l’expression d’une pauvreté

Un regard de travers ou une indifférence, une parole malheureuse ou un silence, un triomphe au foot ou une défaite, tout semble parfois matière à déchaîner des accès de violence chez des élèves dont la susceptibilité à fleur de peau est d’abord l’expression d’une pauvreté. Mais de quels manques ces excès sont-ils les symptômes ?

La langue et la communication pour parer à la violence

Pauvreté de la vie intérieure et pauvreté du langage. Ce n’est pas nouveau. Jacquelin de Romilly à l’académie française, Jean-Marie Petitclerc et Alain Bentolila de concert dans « les douze mots clés de la pédagogie de Don Bosco » l’ont martelé. Vivre à la superficie de soi, en mal d’exprimer sa pensée et ses émotions, conduit naturellement à une expression violente, car il faut plus s’étonner de la non-violence que de la violence ! Combien même exiger la non-violence à des enfants qui grandissent dans la violence est une violence ! Comment échapper à la loi du plus fort ?

« L’instruction éduque tandis que l’éducation n’instruit pas ». Alors, c’est au cœur de notre manière d’enseigner que se trouve le chemin de l’apaisement. Quand l’acte d’enseigner la langue favorise un ancrage dans le réel, l’élève prend conscience qu’il existe, qu’il agit, qu’il est responsable, qu’il est en relation avec les autres. A l’occasion d’une bagarre de cour de récréation, comme il est fréquent d’entendre : « c’est pas moi, c’est les autres ». Mais qui sont-ils ? Et vous, qui êtes-vous ? Que s’est-il passé ? Qui est le sujet, quelle est l’action, quelles sont les causes, les conséquences, les circonstances ? Sans grammaire, difficile de répondre

Ancrer l’enfant dans le réel, un enseignement précieux

Travailler les pronoms personnels c’est donner l’accès à un « je », un « tu », un « nous » conscient. Remettons à sa place le « on » impersonnel, paravent si fréquent de l’irresponsabilité. La prise de conscience du « je » par rapport au « tu » évite le conflit et du « je » par rapport à « nous » évite le suivisme.

Ne pas conjuguer consciemment, c’est s’enfermer dans une vie sur le fil du rasoir, dans l’instant, sans être présent ni à soi ni aux autres mais à l’affut. Pour pardonner, ne pas nourrir de rancune, pour entrer en relation vraie avec les autres, pour espérer et entreprendre, il faut distinguer le présent, le passé et le futur. Ce n’est pas inné et la vie en plénitude nécessite une grammaire, une conjugaison, un vocabulaire.

Les professeurs en témoignent : la pédagogie d’un ancrage dans le réel où l’enseignement, loin d’être mécanique, permet aux enfants d’accéder au sens de ce qu’ils apprennent, conduit à de meilleurs comportements car l’analyse prend le pas sur l’intuition. Les écoles Espérance banlieues l’ont bien compris : c’est bien la qualité de l’enseignement que nous dispensons qui sera la mesure de notre participation à l’éducation des enfants qui nous sont confiés.

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